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mardi 3 novembre 2026

Locutions françaises et expressions imagées expliquées

 

Locutions françaises et expressions imagées expliquées

Expressions_expliquées

aléser l’agneul

se faire aléser l’agneul :  subir des outrages innommables.
agneul, m : oignon, oignard.
aléser (un cylindre) : élargir, agrandir un trou.
> Rêver de se faire aléser l’agneul par toute une compagnie de CRS.

à poil

sport - Algérie - nudité.

Kabyle en tongs.

1- (à oualpé) Sans aucun vêtement sur le corps, nu ; dans le plus simple appareil; dans l’appareil  d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil ).

Un homme à poil n’a pas d’âge — Roger Vailland, Drôle de jeu,1945.

◊ « Stars à nu » : TF1 met des personnalités à poil, mais c’est pour la bonne cause.

◊ Le souper commença, servi gravement par Jean et par Mariette, à poils tous les deux.. — (Autour du mariage de Paulette ou un bon ménage moderniste, 1893)

◊ Le Bourgeois ne dit plus, comme au temps de Rousseau, que le retour à l’état de nature serait idéal. Un je ne sais quoi l’avertit qu’il y aurait de l’imprudence à paraître in naturalibus à son café, à se manifester brusquement à poil, dans le voisinage des sergots. — Léon Bloy, Exégèse des lieux communs, 1901.

◊ Alexine alla lui ouvrir à poil; le cocher en eut un éblouissement et, comme elle se sauvait dans la chambre à coucher, il courut derrière. — Apollinaire, Les Onze Mille Verges, 1907.

◊ « Nous sommes à Bredonnes en Vendée… C’est le moment des Tournois…
« La ville s’apprête à recevoir… Voici les galants parés… Voici les lutteurs à poil… les baladins… Leur chariot passe… fend la foule… voici les crêpes en train de frire… Un brelan de chevaliers tout bardés d’armures damasquinées… ils arrivent tous de fort loin… du Midi… du Nord… se lancent de vaillants défis… — Céline, Mort à crédit, 1936.

◊ Je suis toujours sur le pont À poils Et je suis toujours seul à les admirer [les levers de soleil]. — Blaise Cendrars, Du monde entier, Couchers de soleil, 1957.

◊ — Dis-donc, toi, le Général Cornichon, si on vous foutait tous les deux à poil, qui que c’est qui saurait lequel que c’est le troufion ? Tu n’as tout d’même pas des feuilles de chêne sur ton cul. [1]— Edgar Frank, La Brocante Sentimentale, 1950.

◊ On voyait un garçon étendu, très brun, nu à un coin de serviette près, sur son sexe, et qui semblait nous regarder.
- C’est drôle, a dit Dominique, ce type a l’air beaucoup plus jeune à poil qu’habillé.
- C’est mieux que l’inverse, non ? D’ailleurs je le connais, il a vingt-neuf ans. — Renaud Camus, Tricks, 1979.

Son visage n’est rien. Si tu pouvais le voir à poil… — (Platon)

2- À poil ! (Cri d’une foule en colère qui conspue un important)

◊ Le jour de bander enfin nous arrive ! Qu’on nous oblige dans l’arène cette Paix toute chichitière ! À comparoître céans ! Qu’on la dépouille ! Déconcerte ! À poil ! Frivole catinière ! pimbèche tapinoise ! Et que chacun son tour, à sa chance l’affronte ! En lice !… Que le plus allégrant, incitant dandillant lui file céans deux doigts dans le trou du cul ! — (Céline)

3- (Caractère)  > Un homme à poil, un homme résolu. C’est un gaillard à poil.

◊ C’est un brave à trois poils. — Molière, Les Précieuses ridicules, 1659.

◊ Nous avons fait un grand bonhomme de neige dans le jardin, et mon père dit qu’il ressemble tout à fait à un Autrichien qu’il a tué; seulement, l’Autrichien avait une longue moustache.
— Attendez-un peu, mon commandant, dit Jean-Baptiste, on va lui en mettre une aussi, de moustache, au bonhomme. On va en faire un homme à poil. — Georges Darien, L’épaulette, Souvenirs d’un officier, 1901.

> Reprendre du poil de la bête, Se ressaisir, Recommencer, ne pas se laisser décourager.

4- (Chevelure) Poil de Judas, poil roux.

◊ Un bel adolescent de dix-neuf ans, le cou taurin, de poil ardent, entre cuivre et carotte. (p. 204) — Arnoux, Paris, 1939.

◊ Le rouquemoute est un mec à poil ; il ne s’en laisse pas conter.

5- (Robe du cheval) Monter un cheval à poil, le monter sans selle.

◊ Les deux sergents s’en allèrent, flageolant, trinquant de l’épaule, hésitèrent prudemment devant l’escalier de Tourneville, tirèrent vers la rue de Montivilliers.
Ils y entraient, quand ils virent passer, comme en rêve, le sergent Blanc et un de ses collègues, tous deux à cheval, inouïs, en tunique et
shako, sans armes, cramponnés à la crinière des bêtes qu’ils montaient à poil.  — Lucien Descaves, Sous-offs, roman militaire, 1892.

6- (Gibier) Mettre l’oiseau à poil, le dresser à voler le gibier tel que le lièvre et le lapin.

↑ [1]- feuilles de chêne, Insigne de rang (officier) ou décoration.

À voile et à vapeur, Expression polie pour désigner l’un surtout de ces moyens de locomotion.
À poil et à vapeur, S’emploie quand la pression se fait sentir.

célébration virile

Herta t’adore !

baiser

baiser du voyou, Geste de dénigrement.

◊ — Forte tête, observa l’adjudant-major.
Mais Mauvezin répondit :
— Ce sont les meilleurs soldats… quand on sait les prendre. J’aurai l’œil sur celui-ci.
— Eh bien! il me botte, ce légume ! cria Édeline, en rejoignant Favières et Devouge.
Et, le bras ployé en tuyau à coude, il souffla dans sa main ouverte le baiser du voyou : « À toi, Court-Bouillon ! » — Lucien Descaves, Sous-offs, roman militaire, 1892.

Baiser frais   (L’effet baiser)

1- Le double effet fraîcheur — Contre-coup, Effet secondaire [1], inattendu, mais le plus souvent agréable. Ou les conséquences imprévues mais néanmoins appréciées d’une haleine fraîche.

2- (Par extension) Simple renforcement ludique de l’énoncé « effet ». Dans l’idiome des FDO, il se dit que le fait de frapper un agriculteur « fait de l’effet » (ce qui est banal, à la fois pour le fait et pour l’énoncé du fait).

En revanche, matraquer sauvagement un baveux, un journaleux, voire mieux, une Gilet Jaune, ça c’est « l’effet « baiser frais » : la police t’aime !

faire le barbeau, Frimer, faire l´intéressant, capter l´attention de l´auditoire, en se faisant valoir par sa vêture et par sa gouaille.

De barbeau, Fleur des champs, centaurée ou bluet, bleuet. cf. Un costume bleu barbeau (bleu clair).

◊ Habituellement vêtu d’un habit bleu-barbeau, il prenait chaque jour un gilet de piqué blanc, sous lequel fluctuait son ventre piriforme et proéminent, qui faisait rebondir une lourde chaîne d’or garnie de breloques. — (Balzac)

beurrer

◊ « J’aime me beurrer la biscotte. »       Se dit pour affecter l’indifférence dans une situation embarrassante.
Référence obscène allégée : le sens pourrait être « s’offrir méticuleusement un petit plaisir, un intermède de détente, au lieu de s’affoler bêtement».

* Formé sur :
♦ « se beurrer (la tartine) »                  s’enivrer (pour oublier).
cf. beurré comme un Petit Lu [biscuit, gâteau sec de luxe, au beurre]          complètement ivre.
cf. « s’en beurrer la raie »           Accorder peu d’importance à un problème qui semble préoccuper l’interlocuteur. Retournement et provocation désinvolte: La personne menacée d’une sanction, associe l’instrument du châtiment à l’onguent délicieux qui fait glisser [le beurre].
Beurre = supplément, gain, plus, plaisir. Biscotte = support craquant mais fragile qu’il ne faut pas brutaliser.
♦ « beurrer les tartines à qn » : être aux petits soins, bien s’occuper de qn, lui offrir des services particuliers…
ex. : Ça va ? ou il faut en plus vous beurrer les tartines?
D’où, « se beurrer la biscotte » = n’avoir besoin de personne.

beurrer la raie à quelqu’un :

1- Raconter des histoires invraisemblables. Débiter des bourdes, chercher des défaites.
2- Se préparer à tromper qn en douceur. Variante Beurrer la tartine (à un bulot)
3- Préluder à la
sodomie.

biscotte

Syndrome de la biscotte
Gestuelle particulière. — La vérité éclate au petit-déjeuner, quand  la créature pêchée au ZANZIBAR  révèle quel homme elle est.

bololo

mettre le bololo Foutre le bordel, semer la confusion, provoquer le désordre.
« Viens samedi ! Y a du bololo sur les Champs… »

* De Bololo, quartier de plaisir à N’djamena, festif et débridé, et comme tel, apprécié des militaires en mission qui vont s’y distraire.

boudin

◊ «Tiens, voilà du boudin!»    Se dit in petto avant de changer de trottoir. (> boudinophobie)

≠ Tiens voilà du Bourdin !   Se dit en dressant l’oreille. (bourdinophilie)

partir en eau de boudin, Finir à la pisse, échouer. De boudin, Membre viril.

cake

◊ Faire le cake (ou faire le kéké) Faire l’intéressant avec un accessoire à la mode et coûteux. Expression d’origine méridionale. Ex.: bronzage et lunettes de cake. Tronche de cake.

caramel

1- Confiserie anodine appréciée des petits enfants.
— Z’ont des belles mercos les fumeurs de chicha, y doivent pas vendre que des caramels.

◊ Le ministre prit dans un tiroir de son bureau une boîte de caramels mous, et la tendit à la ronde. Chacun en mangea un, sauf Ferral. (…)
Silence,      les      représentants, mastiquant leurs caramels, fuyaient dans un air méditatif l’accent auvergnat dont ils se sentaient tout à coup menacés s’ils ouvraient  la  bouche.  Le  ministre  les regardait sans sourire, l’un après l’autre, et Ferral, qui le voyait de profil du côté de son œil de verre, le regardait comme un  grand  ara  blanc,  immobile  et  amer parmi les oiseaux. —  Malraux, La Condition humaine, 1933.

2- Gnon, marque brune sur la peau d’un dur à cuire.
◊ Prendre caramel sur caramel,   Essuyer des échecs retentissants à répétition (contexte du ballon ovale, où l’on ne fait pas dans la douceur).

cerise

1- Cerise Désigne la personne.

◊ Ils nous tombaient sur la cerise toujours en guise d’apéritif. — Céline, Mort à crédit, 1936.

2- Virginité, Fleur de la jeunesse.   Elle a perdu sa cerise en allant aux fraises.

se refaire la cerise,   Recouvrer la santé, et retrouver une certaine vigueur propice aux ébats.

BALONRON – L’OM s’est refait la cerise grâce à une nouvelle tactique… Ça va durer ou pas? Tableau noir pour les Bleu et Blanc…

◊ L’OM vient d’enchaîner trois victoires et n’a pas encaissé un seul but. Cette série va-t-elle se poursuivre, jeudi soir face à Salzbourg et surtout dimanche à Nice ? Après la quasi purge face à Konyaspor et la faible prestation à Amiens, les offensifs marseillais semblent avoir retrouvé un peu d’allant. Surtout Payet : « Je retrouve mes sensations, a-t-il confié… On sait que devant on peut marquer à tout moment. »  — (Jean Saint-Marc)

◊ Les vieux routards jamais lassés, les chauves, les roux recyclés Francfort, la rombière du Poitou…. ils sortent tous de leur trou ou quoi ? Si jamais ça bouge, il faut lisser les rides. Alors on secoue la poussière, on apparaît posé, rassurant, aimant la France et les Français, pour espérer se refaire la cerise. — (Léa Salmonelle)

3- Chose exquise.

Panier de cerises, ensemble d’objets également séduisants. (Larousse, 1922)

cerise sur le gâteau  Gâterie inespérée, qui vient couronner la belle ouvrage.

4- Chose qui ne vaut rien. Pour une poignée de cerises, pour des prunes.

5- Guigne, malchance, guignon ; dégoût (> cit. Céline).

◊ Assez de cerise comme ça! Charogne de grève ! — A. Arnoux, Double chance, 1958.

◊ Mon graillon, elle m’entraînait, elle voulait, je crois, que j’aille chez elle… (…) Elle me faisait des signes, qu’elle avait une vraie carrée avec un vrai lit… Ça me disait pas davantage… C’était des intimités… Même là, au fond de la fatigue, elle me foutait encore la cerise. J’ai fait signe que non… J’avais l’adresse que je voulais rejoindre… au Meanwell College… J’aimais mieux repasser par l’école que de me taper la Gwendoline. — Céline, Mort à crédit, 1936.

cerveau disponible

◊ La détente qu’apportent la bêtise et le foute, ouvre aux pubards la porte du cerveau disponible.

La paternité de cette locution célèbre revient à Patrick Lelay, patron de TF1. Devant un parterre de décideurs ravis, l’influenceur breton vantait l’efficacité de la manipulation de masse dont sa télé pouvait être fière.

chapelle
◊ faire petite chapelle, Offrir ses appâts à la vue des survenants, autrefois dans les édicules Rambuteau.  (
nudité publique)
(Langue des marins. La chapelle désignait la forme des voiles retroussées par le vent.)

chier dans les buts  -  S’attendre au pire; ne plus contenir sa frousse, craindre la suite.

château

faire des châteaux en Espagne — Faire des projets en l’air, caresser des chimères. Rêver à l’impossible, par manque de talent, manque de moyens, manque de courage, de persévérance ou de capacités.
◊ « Qui ne fait châteaux en Espagne ? » — (La Fontaine)
◊ « Ô saisons, ô châteaux, Quelle âme est sans défauts ? » — (Rimbaud)

choucroute

◊  « Ça n’a rien à voir avec la choucroute ».   Se dit quand votre interlocuteur blasphème, parle mal de la religion, et que vous tenez par-dessus tout à préserver la réputation pacifique des Alsaciens, des Teutons et des Lorrains. Coupe court au hors-sujet.

◊ « Liberté, Égalité, choucroute ». — (Jean Yanne, Film 1984)

pédaler dans la choucroute, mouliner dans le vide, quand on a un cafard dans la Sorbonne.

chrysalide de pierre

1- Chrysalide : Cocon vide d’où le papillon s’est échappé. Chrysalide de pierre : Monument vide, et vide de sens. L’image de la chrysalide est fréquente dans la littérature gnostique.

◊ – Que sens-tu ? – Ce que sent la jeune chrysalide
Quand, livrant à la terre une dépouille aride,
Aux rayons de l’aurore ouvrant ses faibles yeux,
Le souffle du matin la roule dans les cieux. ─ (Lamartine)

◊ « Dans son implacable vénération pour le Moyen Âge, l’hérésie ultra-gothique a décidé que tout devait disparaître, et tout a disparu. Aussi, de tout ce passé, que reste-t-il dans Notre-Dame : des pierres proprement cimentées, sur des pierres cimentées proprement. Rien que des pierres !

Et devant cette glaciale nudité, le visiteur le plus sceptique éprouve une indicible émotion de tristesse. En un mot, dans l’antique cathédrale, empreinte encore il y a deux ans d’un profond sentiment religieux, le fidèle ne voit plus aujourd’hui qu’une immense chrysalide de pierre d’où la Foi semble s’être envolée. »  — (Le Courrier artistique, cité par Viollet-le-Duc fils in la Gazette des architectes et du bâtiment, 1863)

◊ [Berlin] – En sortant de la nouvelle Bourse, j’ai voulu voir où était l’ancienne. Je me suis perdu dans un dédale de petites rues sombres et étroites, et j’ai fini par découvrir, blottis derrière le « Dôme » les restes d’un modeste édifice, vieille et laide chrysalide de pierre d’où est sortie, déployant ses ailes de vampire au soleil des milliards, la Bourse actuelle. Dans cette pauvre rue maintenant déserte, le banquier Piebsch, ami intime du ministre Rolher, habitait un appartement dont un cordonnier ne voudrait pas aujourd’hui. À travers les vitres d’un rez-de-chaussée, on apercevait vaguement le vieux Mendelssohn, fondateur de la maison, penché sur son grand-livre, grave et recueilli comme un patriarche lisant l’Ancien Testament.  (p. 260) — Victor Tissot, Voyage au pays des milliards, 1875.

2- Magnifique vestige du passé, creux, désormais inutile, témoin d’une époque révolue.

◊ Quand je vois démocratie ce qui me frappe c’est la crasse des mots, le grand fiasco, la crise qui cogne aux coins du dico. La chrysalide de pierre qui naguère donna naissance à un papillon sans ailes, rebelle, ou du moins qui croit l’être, la liberté réelle de l’autre côté de la fenêtre. — (Romain Désert)

◊ L’esthète outragé fulmine, enfermé dans son antique chrysalide de pierre, contre le déclin démographique de l’Occident. — (James McAuley)

3- Forme brute et impressionnante d’où la beauté se dégage.

◊ J’aime l’inachevé des marbres où, du bloc laissé brut, émerge une forme vague et lisse de jeune être ! Comme si la vie sourdait de la matière, faisait craquer la gangue de boue pétrifiée pour surgir en créature. Telle La Danaïde [de Rodin] encore inéveillée dont la chevelure se confond avec le socle ; La main de Dieu qui façonne les premiers êtres ; La petite fée des eaux qui se déprend de sa source trop matérielle, à peine éclose de sa chrysalide de pierre. — (Argoul)

cinquième colonne

L’expression cinquième colonne désigne les partisans de l’ennemi cachés au sein d’un État, parfaitement aguerris et prêts à favoriser la victoire des armées ennemies sur l’État dont ils sont les hôtes.

◊ Si le terme est nouveau, le phénomène social et militaire qu’il désigne l’est beaucoup moins. Ou même ne l’est pas du tout.

Qu’une forteresse fût prise du dedans, grâce à l’aide apportée à l’armée assiégeante par certains occupants de la place, cela n’avait rien d’exceptionnel autrefois. Pensons à la prise d’Antioche ou d’Édesse par les Croisés. On a vu des armées conquérantes accueillies avec joie par une partie de la population des pays envahis, comme lors des Campagnes de Mithridate pour libérer les provinces d’Orient du joug romain).

Au XIXème siècle, la cohésion de l’État nation avait fait oublier la crainte de l’ennemi intérieur. Avec la guerre civile espagnole, on  vit resurgir l’idée d’intelligence avec l’ennemi, et prospérer une hantise qu’on croyait réservée aux empires féodaux. —  (Alexandre Koyré)

◊ Le Parti communiste a fait office de « cinquième colonne » pendant la  guerre d’Indochine (avec par exemple l’affaire Henri Martin) et en Algérie. Les traîtres qui soutenaient  le FLN contre les soldats  français, en acheminant argent et matériel, étaient alors surnommés les « porteurs de valise ».

* En 1936, au moment où les Franquistes, répartis en quatre colonnes marchaient sur Madrid, leur général se vanta de pouvoir compter sur l’aide d’une cinquième colonne de partisans déjà sur place dans la ville, et prêts à trahir en ouvrant les portes aux assaillants.

colosse aux pieds d’argile  

Statue à tête d’or, vue en rêve par le roi de Babylone. Daniel propose courageusement de raconter, puis d’interpréter ce cauchemar dont Nabuchodonosor a oublié les détails. Ce songe prophétique du roi honni annonce la splendeur future d’Israël.

◊ 12 et comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie de terre, ce royaume aussi sera ferme en partie, et en partie faible et fragile.
13 Et comme vous avez vu que le fer était mêlé avec la terre et l’argile, ils se mêleront aussi par des alliances humaines : mais ils ne demeureront point unis, comme le fer ne peut se lier ni s’unir avec l’argile.
14 Dans le temps de ces royaumes, le
Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit ; un royaume qui ne passera point à un autre peuple; qui renversera et qui réduira en poudre tous ces royaumes, et qui subsistera éternellement. — (Daniel 2 : 12-14) — Bible, trad. Sacy, 1701.

◊ La force des routiers, c’’est de pouvoir bloquer l’incessant balai logistique qui irrigue les grandes métropoles. Ces grands pôles de concentration humaine sont des colosses aux pieds d’argile ; Et l’on sait aussi quel enfer attend les grands centres urbains en cas de pénurie, pillages, exactions, etc..

concombre

◊ Se taper du concombre, S’offrir une satisfaction voluptueuse, rapide mais illusoire. S’illusionner.

(Concombre, Légume vert, rafraîchissant, de forme allongée et pas cher)

couillon  Homme dépourvu de discernement. Voir BULOT.

◊ Pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles. Celui qui m’avait fait penser pour la première fois de ma vie, vraiment penser, des idées pratiques et bien à moi, c’était bien sûrement le commandant Pinçon, cette gueule de torture. Je pensais donc à lui aussi fortement que je pouvais, tout en brinquebalant, garni, croulant sous les armures, accessoire figurant dans cette incroyable affaire internationale, où je m’étais embarqué d’enthousiasme… Je l’avoue. — Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

court-bouillon

Se mettre la rate au court-bouillon [1], Se faire du souci (souvent pour rien) et embêter les autres.D’où Personnage par qui il ne faut pas se laisser impressionner.
Le succès de l’expression est dû probablement à la contrepèterie facile qu’elle suggère.
[1] L’expression vient probablement d’une inadvertance (faute de frappe) reprise ensuite par plaisanterie. Cf. la raie au court-bouillon, la raie au beurre noir.

* Court-Bouillon, Surnom du commandant Mauvezin dans le roman de Descaves cité plus haut. Il fait barder les hommes.

crème

Variante de beurre, denrée exquise, chose excellente qu’on ne doit pas gâcher, mais utile en certaines occasions intimes. Est à la vaseline ce que le cognac est au Coca léger.

passer crème    1- Ça entre comme dans du beurre, comme avec du beurre….Parfait !

— Tu crois qu’il y a la place [pour un créneau] ?
— T’inquiète, ça passe crème !

2- C’est dans le sac ; la magouille a réussi. >> Fouette, cocher ! Passez muscade ! (Les bulots n´ont rien vu…)

Depuis Super-menteur, ils ne lubrifient plus chez LR : ça passe crème !

changer de crèmerie
Divorcer, aller voir ailleurs.
Les tarifs augmentent ? Résiliez votre contrat, et changez de crèmerie !
La banque faisandée exagère avec les frais ? Changez de crèmerie !
◊ C’est à peine éclairé, mais j’y vois assez pour me rendre compte qu’on a tout à fait changé de crèmerie. — Jean Giono, Les Grands Chemins, 1951.
* De crèmerie, Épicerie-restaurant, gargote, ou boui-boui fréquenté par des ménagères disponibles.

Victoire !

Dries Mertens.

 

◊ Dries Mertens va-t-il changer de crèmerie en Série A ?
Dries Mertens et Naples : le torchon brûle. Le Diable Rouge faisait partie des mutins s’opposant au « retiro » ordonné par le président du club. Et il n’a toujours pas prolongé son contrat …
En juin prochain, s’il ne prolonge pas, Dries Mertens sera un joueur libre, et il pourra signer gratuitement où il le désire.
D’après le Corriere dello sport, l’Inter Milan serait sur le coup.
L’Inter d’Antonio Conte aurait en effet déjà fait part de son intérêt pour Mertens qui, toujours d’après la presse italienne, serait intéressé à l’idée de rejoindre les Nerazzurri. — (Wallfoot.be)
Après les Diables, Dries Mertens enchaîne avec le Napoli. — (Pierre Ghislain)

« Crève salope! »   — Cri féroce des Casseurs de porcelaine. Naguère, suppôts-jambon de l’endive Althusser ; on les vit depuis — le soir venu, renifler des truffes chez Lucas Carton.

cul

avoir le cul bordé de nouilles   Avoir du bol, avoir une chance extraordinaire. L’expression déborde depuis belle lurette le cercle étroit des proctologues. Origine obscure (du moins en ce qui concerne les nouilles). L’exagération marseillaise pourrait avoir produit cette variante d’avoir du pot, en plus vulgaire, en adjoignant une extension superlative au syntagme déjà usé. Renchérissement paradoxal, puisque le rabe de nouilles dans les communautés viriles ne passe pas vraiment pour un luxe sensationnel, même si on comprend qu’il soit particulièrement apprécié par les taulards en manque de satisfaction honnête.

—Voir Bernard Tatie, Le Beau mec des Baumettes, Éd. Pygmalion, 2010.

déconner

1- Sortir du con.

◊ La causeuse n’aime pas qu’on déconne avec elle.

2- Commettre une (grosse) sottise. La rombière rouspète ; les gamins ont encore déconné.

3- Ne plus fonctionner de façon satisfaisante. Il y a la clim qui déconne.

4- Plaisanter gaîment.

◊ Je croyais pas si bien dire le soir, chez Alexandre, en leur déconnant que j’en voulais pour mes picaillons quand j’allais au ciné du quartier. — (Ainsi soit-il, 1950)

5- Manquer de sérieux. Dire n’importe quoi, croire à des salades.

◊ La sodomisation, c’est douloureux, franchement, il ne faut pas déconner, ça fait mal. Mais c’est très bon.. (Dire nos sexualités, 1976)

◊ Plus con que le Français ? Vraiment n’est-ce pas c’est impossible ? Et surtout l’intellectuel ? Littéralement enragé dès qu’il s’agit de déconner... Un snob masochiste. Et y a pas de race ! Et moi par-ci ! Je sais ceci ! Et peutt-puetti ! … »   — (Céline)
◊ « Les personnes en situation de
pauvreté, on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent ». — (Emmanuel Macron)

<> Un chômeur en vadrouille. (Céline)
◊ Je suis entré une fois au Musée <de la Marine>. (…) J’ai passé là, des semaines entières… Je les connaissais tous les modèles… Je restais seul devant les vitrines… J’oubliais tous les malheurs, les places, les patrons, la tambouille… Je pensais plus qu’aux bateaux… Moi, les voiliers, même en modèles, ça me fait franchement déconner [1]… J’aurais bien voulu être marin… — Céline, Mort à crédit, 1936.
1- déconner : (ici) Extravaguer, Perdre tout bon sens, tout sens de la mesure, perdre de vue la réalité.

doigt

s’enlever les doigts du cul : se décider à faire enfin un petit effort.

<> « J’ai construit mon business sur la bêtise ».
◊ Dans votre cas, peut-on parler d’
acrasie ?
— J’aurais pu être steward, bosser dans la com’, avocat ou médecin comme ma mère l’aurait souhaité… Sauf que j’ai compris le monde dans lequel j’évoluais, j’ai fait quelque chose qui me plaisait et je me suis sorti les doigts du cul. On me reproche souvent de gagner beaucoup d’argent en faisant de la merde. Moi je suis un entrepreneur, et je suis hyper fier de ce destin. Finalement j’ai construit quelque chose à partir de rien, j’ai quand même commencé par
montrer mon cul sur les plateaux télé, j’étais très trash et vulgaire, le buzz à tout prix…
Mais dix ans après je suis encore là, avec une société qui fait 900.000 euros de chiffre d’affaires par an. Montrer son cul chez Aspasie pour finir chroniqueur chez Aristote, c’est un destin extraordinaire, je ne pouvais pas rêver mieux, j’ai accompli quelque chose. — (Clio Weickert)
— Non vraiment, je crois que c’est tout à fait logique. Mon génie, c’est précisément de  faire de l’argent avec du vide.

◊ Ce n’est juste pas possible de sortir le Français de sa camisole bolchévique. Car pour adhérer à un authentique système libéralisé, il faut se sortir les doigts, et ça, peu y sont prêts.

écossaise Hyperbole destinée à déstabiliser l´interlocuteur. On feint d´aller dans son sens en forçant le trait jusqu´à l´absurde, et on jouit de l´embarras du mec, perplexe. (Rhétorique, éristique, Figure d´ironie)

effet Kiss cool   > Voir Baiser frais.

effet Streisand Choc en retour, effet indésirable amplifié. Résultat involontaire, effet pervers d´une initiative malencontreuse.

Phénomène médiatique, conséquence de l´impact des réseaux sociaux. Se dit quand les efforts d´une victime pour effacer une info, faire disparaître une photo de la Toile, aboutissent au résultat inverse : l´info (plus ou moins intéressante) se répand à vitesse grand V. pour la joie des internautes oisifs.

* De Barbara Streisand, actrice célèbre dont la propriété paraissait dans un documentaire géographique sur l´érosion côtière en Californie. Le procès qu´elle intenta au photographe fit que tout le monde sut où elle habite.

Éphestion Lacorbine  — Tournedos, Jeune homme sérieux, très bien mis. Plus regardant sur la rente que sur l’âge du capitaine. Plus Madeleine que Bastille.

auberge espagnole    Tambouille de Miss Paëlla.

Cette expression désignait autrefois les cabarets d’Ibérie où l’on ne trouvait rien à manger, parce que trop pauvres. Les auberges espagnoles avaient en effet mauvaise réputation : on les croyait si peu accueillantes qu’on y apportait son souper, pour être sûr de pouvoir s’y restaurer avant de reprendre la route.

Aujourd’hui, à l’heure du Petit Fûté, l’expression a pris un sens plutôt positif : on désigne ainsi des lieux festifs, très ouverts sur l’autre, — où certes on apporte toujours sa chair, mais où l’échange est garanti par la convivialité,  le séjour nocturne enrichi par la bonne humeur des invités surprise, et la gastronomie sublimée par le bon choix des hôtesses ou (mieux encore) des extras fessus.

esprit

bel esprit   Esprit peu profond.

État profond  (Sc. Politique)

L’État profond, État dans l’État [angl. Deep State] Groupe occulte de hauts responsables officiels qui travaillent à l’intérêt de leur coterie, et rabaissent la démocratie au rôle de servante de leur ambition titanesque.

◊ La direction politique est entre les mains de technocrates qui ne connaissent rien à la société, et qui d’ailleurs la méprisent.
La technocratie, c’est les principaux dirigeants politiques, les patrons de grandes boîtes et les postes clés de la haute administration. Ils sont tous d’accord pour faire la même politique, qui n’a rien à voir avec ce que l’on raconte aux électeurs. La politique au sein de l’Union européenne est guidée par et pour l’Allemagne. — (Arnaud Montebourg)

Famille Tuyau de poêle
Famille bourgeoise recomposée, libérale et moderne, sans préjugés ni a priori. On se démarie et remarie et revit ensemble ; où les intérêts s’emboîtent et les intéressés s’enfilent.
La respectabilité prêcheuse et médiatique cache souvent l’ambition effrénée, les appétits sordides et des passions inavouées.

L’histoire familiale mouvementée des Kashner – Bourin est une suite de silences emboîtés, qui jamais n’aurait dû paraître au grand jour.

* Le ‘tuyau de poêle’ fait référence à l’art de la fumisterie, aussi bien qu’au chapeau noir haut de forme des capitalistes boursicoteurs, immoraux lubriques.

Fanny  Surnom du popotin dans la langue de Trump.

embrasser Fanny  / faire Fanny : Perdre une partie de boules sans marquer de point. (Lexique méridional de la pétanque et du billard)

Comme gage, les perdants devaient s´humilier à baiser une pancarte cochonne, devant toute la clientèle du troquet ou devant les badauds du boulevard.

◊ « Quand je perds aux boules
En embrassant Fanny, je ne pense qu’à vous. » — (Vénus callipyge) – Georges Brassens, 1964.

baiser la vieille, Perdre au jeu. Expression attestée à Lyon sur les boulevards, au XIXème s, mais aussi à Paris, dans les cercles au temps des poudrés.

◊ — La Fanny ! La Fanny !
— C’est la tradition, dit le journaliste. Il me semble que nous devons la respecter !

À ces mots, deux jeunes gens entrèrent en courant dans la salle du Cercle et en rapportèrent, au milieu de l’allégresse générale, un tableau d’un mètre carré, qu’ils tenaient chacun par un bout. Les trois perdants s’avancèrent, avec des rires confus, tandis que la foule applaudissait. Je m’étais glissé jusqu’au premier rang et je vis avec stupeur que ce tableau représentait un derrière ! Rien d’autre. Ni jambes, ni dos, ni mains. Rien qu’un gros derrière anonyme, un vrai derrière pour s’asseoir, que le peintre avait cru embellir d’un rose qui me parut artificiel. Des voix dans la foule crièrent :
— À genoux !
Docilement, les trois vaincus
s’agenouillèrent. Deux faisaient toujours semblant de rire aux éclats, mais le troisième, tout pâle, ne disait rien et baissait la tête. Alors les deux jeunes gens approchèrent le tableau du visage du chef de l’équipe et celui-ci, modestement, déposa un timide baiser sur ces fesses rebondies. Puis il fit un grand éclat de rire, mais je vis bien que ce n’était pas de bon cœur. — Marcel Pagnol, Le temps des amours, éd. 1977.

Embrasser Fanny au Moyen Âge. La Chanson d´Audigier est une parodie triviale de Chanson de geste. Vaincu dans un combat burlesque, pour garantir la paix, le chevalier doit se soumettre au rituel imposé par la grosse Grainberge.

Deus foiz li fist baisier son cul ainz qu’il fust ters

Deux fois, elle lui fit baiser son cul, sans d´abord se torcher,

et Audigier i ert par ses lievres aers.

et Audigier y collait ses lèvres.

« Audigier, dist Grinberge, mes cus est ters. »

« Audigier, dit Grinberge, mon cul est net. »

Grainberge est descouverte jusqu’au nombriz,

Grainberge est découverte jusqu´au nombril.

sor Audigier s’asiet non pas enviz,

Elle s´assoit sur Audigier, qui y consent,

sor sa face li a son cul assis.

Elle lui pose le cul sur la face.

— Fabliaux et contes du Moyen Âge, éd. Étienne Barbazan, 1808.

Femorum tuorum sanctae consuetudinis
Quid pulchrius ? (Ah ! Le doux souvenir des caresses entre tes cuisses bronzées…)

(D’après Eschyle) Paroles célèbres d’Achille pleurant Patrocle tombé sous la lance d’Hector, — évoquant leur  croisière à Mykonos.

fil rouge

L’âme de la corde du marin sur lequel le reste se tisse,—  inséparable du reste.

Le premier emploi connu se trouve chez Goethe, dans « Les affinités électives » (1809).
D’après cet auteur, tous les cordages de la flotte royale britannique, du plus fort au plus faible, sont tressés de telle sorte qu’un fil rouge les parcourt tout entiers et qu’on ne peut l’en extraire, sans que l’ensemble se défasse, et le plus petit fragment permet encore de reconnaître qu’ils appartiennent à la couronne.

◊ En Angleterre tous les cordages de la marine royale sont traversés par un fil rouge qu’on ne saurait faire disparaître sans détruire le travail du cordier qui ne les a enlacés ainsi, que pour prouver à tout le monde que ces cordages appartiennent à la couronne de la grande Bretagne. C’est ainsi qu’à travers le Journal d’Ottilie règne le fil d’un tendre penchant qui unit entre elles les observations et les sentences, et fait de leur ensemble un tout qui appartient spécialement à cette jeune fille !
Nous espérons que les extraits de ce Journal, que nous citerons à plusieurs reprises, suffiront pour justifier notre comparaison. — Goethe, Les affinités électives, trad. Carlowitz, s.d.

Métaphoriquement, le fil rouge  désigne l’élément central et récurrent d’un récit, d’une série d’épisodes variés, des péripéties de la vie humaine qui permet de saisir la cohérence fondamentale de l’ensemble, pourtant disparate au premier abord.

foute  Jeu de ballon où l’on pense avec les pieds.

fraise

  • aller aux fraises

1- Avoir un pantalon trop court, qui laisse les chevilles largement découvertes.

◊ Ils déambulent avec le pantalon aux fraises, sur les trottoirs pisseux, ou en djellaba, avec la barbe qui va bien avec.

2- Par analogie avec la marche erratique du cueilleur dans le sous-bois, Errer sans aboutir à un résultat intéressant, battre la campagne, chercher midi à quatorze heures, être à côté de ses pompes, échouer de façon décevante, ne pas y être tout à fait.

◊ Rennes. Équipe de France: Aux fraises contre le PSG, Benoît Costil mérite-t-il d’être chez les Bleus ?
BALLON. Malgré les quatre buts encaissés au Parc, le gardien du Stade Rennais a été rappelé par Didier Deschamps…—(20minutes)

◊ Défense d’en rire. Le casting a changé, la pièce (tragi-comique) reste la même. X ***&  Y*** ont succédé à A*** &  B****, mais la défense olympienne est toujours aux fraises. — (Jean Saint-Marc)

3- Chercher un endroit isolé pour se détendre à deux.

◊ Je ne tardai point à renoncer comme elles à tous les freins de la pudeur ; Les doigts de notre charmante supérieure chatouillaient les fraises de mon sein, et sa langue frétillait dans ma bouche. — Sade, Juliette ou les prospérités du vice, 1801.

  • être aux fraises :

1) être à côté du sujet, s’égarer, avoir perdu le fil de l’exposé. Être dans le champ, Être à côté de la plaque.

2) se trouver démuni, décontenancé face à une remarque imprévue ; ne pas savoir quoi répondre, se trouver bête.

  • sucrer les fraises (ou sucrer)   trembler sous l’effet de l’âge, ou de l’alcool (Voir l’ex. ci-dessous)

◊ Il me dévisage… Il bafouille des explications… Il était ému… Il me répétait comme ça mon nom. Il restait devant moi bredouillard. Il faisait pas chaud pour l’entretien. Il trouvait pas tous ses mots, le vent a soufflé sa calebombe : « Ferdinand !… Je… vous… dis… bon… jour… Je… suis… content… que vous êtes ici… mais… vous avez… un grand retard… que vous est‑il arrivé ?…
– J’en sais rien… que j’ai répondu. »
Il a pas insisté du tout… Alors il est passé devant. Il marchait à tout petits pas… Enfin, il a ouvert sa lourde… Il tremblotait dans la serrure. Il pouvait plus sortir la clef, tellement qu’il sucrait… — Céline, Mort à crédit, 1936.

  • ramener sa fraise

1- Intervenir sans y être invité ; se mêler de ce qui ne vous concerne pas.
> Bernard Lavocat ramène sa fraise avec ses trois citations latines.

◊ Ils étaient pouilleux comme une gare, crasspets, déglingués, ils s’échangeaient les morpions… Avec ça, ils exagéraient que c’était des vrais délires ! Ils arrêtaient pas d’installer, ils s’époumonaient en bluff, ils se sortaient la rate pour raconter leurs relations… Leurs victoires… Leurs réussites… Tous les fantasmes de leurs destins… Y avait pas de limites à l’esbroufe… Ils allaient jusqu’au couteau et au canal Saint‑Martin pour régler la contradiction… à propos d’un fameux cousin qu’était Conseiller général… Ils prétendaient n’importe quoi ! Même parmi les hommes‑sandwichs les plus croquignols… ils tenaient à certains épisodes dont il fallait pas se marrer… C’est le roman qui pousse au crime encore bien pire que l’alcool… ils avaient plus de crocs pour bouffer, tellement qu’ils étaient vermoulus, ils avaient fourgué leurs lunettes… Ils ramenaient encore leur fraise ! C’était pas croyable comme ballon… Je me voyais peu à peu tout comme… — Céline, Mort à crédit, 1936.

◊ Le freluquet a ramené sa fraise pour raconter d’énormes conneries, — et il s’est pris une triquée publique.

2- Arriver dans un groupe, quand on attend (ou n’attend pas ou plus) cette personne.
> C’est alors que Joséphine a  ramené sa fraise, après avoir disparu deux heures dans les buissons.

◊ La fille s’active, ploie la banquette, la fait basculer contre le dossier de l’autre. Un fort volume se propose alors.
— J’veux prouver quéqu’chose à mon ami, déclare Alexandre-Benoît.
— Tu t’rends compte d’la margelle d’action qu’tu prédisposes, César ? lance-t-il à Baderne-Baderne. Moi, c’te ravissante, j’pourrais même la grimper à la duc Dos-au-mâle ! [2]
La « démonstratrice » qui commence à trouver l’expérience douteuse va pour se redresser…
— Soye charitab’, vieux ! bredouille Bérurier. Ferme l’arrière et va amuser l’vendeur, pas qu’y ramène sa fraise. — Frédéric Dard, San-Antonio n °148 : Les Cochons sont lâchés, 1991.

Gauche caviar, Gauche prêcheuse qui s’ébat dans le luxe, loin du tracas des prolos. Aussi éloignée de la Gauche kebab que Pantin  l’est de la Place des Vosges.

gendarme des dunes  

Civil bénévole, Gardien de la pureté des lieux. Argus de la zone nue, Pépère traque bien au-delà de son périmètre municipal, les Kleenex dans les oyats.

grain

donner du grain à moudre  Donner l’occasion d’agir, d’avancer, de progresser, de déplacer le curseur ; ou simplement (par abus d’usage, — la scie ayant été proférée à chaque conflit social par un grand ponte indéboulonnable, sans que rien ne change vraiment , — d’où l’expression  parler comme un moulin à vent) recommander une tâche à accomplir, donner un objectif à atteindre.

◊ Vous tous les pères et mères la vertu, feriez bien de vous occuper de vos fesses ; il y a sûrement bien du grain à moudre chez beaucoup d’entre vous.

Ne pas confondre avec Donner un os à ronger  Accorder un avantage médiocre ou illusoire, pour mieux venir à bout de l’opposition.

jardin secret

1- Activités, Sentiments ou préoccupations  que l’on garde soigneusement pour soi.
◊ Il ne parlait jamais de sa passion  pour Céline Dion ; c’était son jardin secret. > Cit.
Céline.
◊ « Je m’étais fait un jardin secret de cet amour pur à côté de ma conduite de
garce avec certains flirts. » — (Ifop, 1960)
◊ Un « giardino segreto » désigne un jardin fermé, près d’une villa en Italie, dans la tradition romaine.
Ces lieux soigneusement cultivés  s’adressent moins aux humains qu’aux divinités. De par ses origines , le jardin est inséparable du sacré. [3]
2- L’expression est employée dans la dévotion mystique, pour désigner la Vierge Marie. [4]

lavande              

mariage à la lavande,   Mariage conclu pour tromper l’opinion (si elle le veut bien, la presse aidant), et faire taire les médisants. Donner le change, pour plus de discrétion et jouir en paix de l’anonymat des plaisirs décriés, inavouables.

◊ Le mensonger mariage de mademoiselle Cormon fit rire toute la ville. — Balzac, La vieille fille, 1836.
* de lavande, couleur douce, pastel, ou parfum raffiné pour un homme distingué.

lune

ravi de la crèche.

AFP 2016.

découvrir la lune  Réaliser tout à coup ce que chacun sait depuis fort longtemps. Découvrir les plissures relationnelles, s’étonner des allégeances qui font les parcours fulgurants.

Sous l’égide de Petitot 1er, le Capitole sombrait dans la sodomie.

Pour les ânes bien mis, la faveur n’attend pas le nombre des amis.

◊ L’avocat de Lesch-Melon, vexé balance sur la promotion canapé  et les leviers invisibles à l’œuvre dans le gouvernement Philadelphie.

manche   « C’est comme si tu me servais un gigot sans manche. » — (Mirabeau)
Un maître queux sait qu’il faut un manche quand on s’apprête à servir le gigot.

◊ La raison de la préférence qu’ils accordent aux garçons sur les femmes est qu’ « on ne sert point un gigot sans manche ». — Anonyme, Dom Bougre aux États Généraux, 1789. Cité par Courouve.

Manche à gigot instrument qui, emboîtant l’os du gigot, permet de le découper. ─ (Encyclopédie Universelle, 2012)
Manche de gigot : Cet os lui-même. Prendre un gigot par le manche. — (Littré)

marmotte

◊ « Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ! »  expression de la naïveté, quand c’est dit par l’homme ébloui, admiratif, ravi, sous l’emprise de substances illicites ou de la pub Hanounaze du 20 heures.

Expression du doute, du scepticisme, de l’incrédulité, quand c’est dit par la femme, le copain à la cafète, le banquier, le contrôleur du métro, le polyvalent du fisc, etc.

« Et l’écureuil pose sa noisette dans le papier d’alu. » —  Prendre les gens pour des cons. > beurrer la raie.

Marmotte infatigable  Personne indiscrète et culottée. SYN. Fennec du Crotoy, Vigile, Vigie alpine (Fig.)

Sa ténacité aux abords des lieux nudiens nuit gravement à l’idylle du vivre-ensemble.

◊ Plage romantique, Éden — à l’abri du vent : Seul inconvénient, la marmotte des dunes qui monte et qui descend les pentes sableuses, à portée de regard des honnêtes estivants. — (Notre Temps)

moche

La France moche, Celle des ronds-points qui ralentissent, celle des Slips Jaunes.

Une France bêle, celle des végans à chignon, celle qui fonce à Marrakech, à trottinette, à bicyclette.

mur

prendre le mur Se heurter à un obstacle, à une résistance forte et définitive, qui oblige à changer d’attitude dans la vie.

névrose du dimanche

Forme particulière du syndrome des vacances (l’ennui qu’on éprouve d’être en vacances).
Elle est marquée par le retour hebdomadaire d’une symptomatologie banale et aspécifique : anxiété, maux de tête, troubles intestinaux, etc.
Voir Raymond Bellemare, Les bienfaits de la psychanalyse, 1939.

obscur objet du désir 

◊ En faisant de mémoire le compte facile, je songeais que je n’avais jamais eu de maîtresse blonde. J’aurai toujours ignoré ces pâles objets du désir. — Pierre Louÿs, La femme et le pantin, 1916.

olive

Geste vulgaire, vraiment bas de gamme, — dépréciatif, ou au contraire perpétré sur un coéquipier, par dénigrement joué, dans le contexte festif d’une célébration de but. (Balonron)

Ça sent l’huile d’olive
Se dit d’un lieu où l’on l’on ne parle que de fric, de gains, de profit. Ce qui ne plaît pas forcément quand on n’est pas tombé dedans en naissant.

Ça sent l’huile
Se dit d’un humour ethnique laborieux.

À la lueur d’un petit bout de suif, Horace, le vieux rasoir déjà avait noté : « Facetus / pastillos Rufillus olet, Gargonius hircum.» (PELLATARTE le punais n’est pas mon ami.)

os

Il y a un os, Une difficulté imprévue est survenue ; ou Variante de « On nous ment. »

◊ Annoncés : 3000 véhicules (?), 7000 forces de l’ordre….. Il n’y a pas un problème ? S’il faut 7000 argousins pour 3 000 brouettes, il y a os : soit on se fout de nous sur les 3 000 brouettes : il y en a beaucoup plus, soit les argousins sont vraiment bien fatigués !

être à l’os  Être réduit à la pauvreté, démuni, désemparé, ruiné.

◊ On est à l’os ! Des jeunes arrêtent leur carrière, des seniors partent à l’étranger. On recrute, mais pas dans les pays les plus en pointe. — David Larousserie, Le blues des chercheurs français, Le Monde. 14 octobre 2019.

◊ « Nous avons sous-estimé à quel point l’Hôpital était à l’os, et la défiance installée »  – (Macron) — (Le Canard enchaîné)

◊ Malgré une marge de 7% pour 164 millions de chiffre d’affaires, l’an dernier, l’entreprise lorraine qui emploie près d’un millier de personnes reste fragile. « On est à l’os », s’inquiète Éric Rogue, le secrétaire du Comité d’entreprise. —  (Challenges)

◊ La bande dessinée a une force absolument étonnante lorsque c’est bien fait. Elle vous oblige à être à l’os c’est-à-dire que chaque mot est pesé, chaque dessin est pesé. S’il y a un mot en trop, vous l’enlevez parce qu’il faut une économie maximum aussi bien dans les mots que dans le dessin. — (Sarah Tisseyre)

>> être économe de moyens, tirer parti d’une pauvreté de moyens, parfaitement assumée.

◊ « C’est en somme l’histoire du peuple juif, avec son royaume terrestre. Le peuple des pauvres, comme l’autre, est un peuple errant parmi les nations, à la recherche de ses espérances charnelles, un peuple déçu, déçu jusqu’à l’os. » — Bernanos, Journal d’un curé de campagne, 1936.

ouest

être complètement à l’ouest Être désorienté, à cause de la fatigue ou d’excès divers. Avoir perdu le Nord et l’Orient (l’Est….) d’où vient la lumière.  > déphasé, pas dans son état normal.

Être à l’ouest, Il est complètement à l’Ouest, celui-là. Être plongé dans ses pensées, être déconnecté de son environnement.
Rappelons que le célèbre pendule du Professeur Tournesol indique toujours « un peu plus à l’ouest »…

Quelle mouche le pique ? — Ché pas, Toujours à l’Ouest, la folle matheuse…

◊ Gégé, le Cyrano que j’ai adoré, est parti…Depardieu, constamment bourré et à l’ouest, n’est plus rien d’autre que le reflet qu’il observe dans le fond de son verre de vodka.

* De l’anglais « to go west » [aller à l’Ouest] qui signifie « disparaître, zigouillé ». Par la suite, l’idée de mort physique a été remplacée par l’idée d’engourdissement, d’apathie, d’indifférence, d’Asperger chronique. SYN. être à la masse.

Pandore  — Jeune fille de la Mythologie, imprudente et fort curieuse.

ouvrir la boîte de Pandore -    Fouiller là où on ne devait pas mettre son nez, Forcer un secret bien scellé, et provoquer un désastre, déclencher une catastrophe.
> Des chercheurs canadiens ont cru retrouver la boîte de Pandore à Wuhan, en Chine. Le couvercle, lui, se trouverait à Pékin.

pendule

CULTURE — Sur NBC, l’actrice remet les pendules à l’heure :
◊ Natalie Portman répond aux insinuations sur son mari, le
danseur et chorégraphe français Benjamin Millepied :
« Mon homme danse, mais c’est pas une ballerine.
Il remue ses doigts de pied, mais il a surtout bonne mine ;
Il est monté comme un burrito. » — (20minutes)

Penser printemps, « penser printemps en janvier » (Alain) signifie que « les hommes ont juré d’être contents, de tout résoudre par joie et amitié ». C’est la bonne nouvelle après Noël ;

Signifie qu’on se sent en harmonie avec les hommes et la nature, qu’on est « fleur bleue ».

La violette l’avait dit en confidence à la fraise, celle-ci le dit à son amie la groseille à maquereau. — (Novalis)

◊ « Ô Grand Staline, ô chef des peuples Toi qui fais naître l’homme Toi qui fécondes la terre Toi qui rajeunis les siècles Toi qui fais fleurir le printemps Toi qui fais vibrer les cordes musicales Toi splendeur de mon printemps, toi Soleil reflété par les milliers de cœurs. » — Louis Aragon, Cahiers du Communisme, mars 1954.

◊ Sans croire même au printemps dès l’automne J’aurai dit tradéridéra comme personne. — Aragon, «Les amants séparés», Le Crève-cœur, 1940.

petit bras  (Locution)

jouer petit bras Agir en demi-molle, sans aboutir vraiment. (Jargon du tennis)
Ça fait petit bras Le résultat n´est pas brillant.
être petit bras (à côté de quelqu´un) Ne pas lui arriver à la cheville.

◊ Liberté d´expression. — Je me sens vraiment petit bras… Mais je m’incline. Elle est notre maître à tous. Cette magnifique distinction est pleinement justifiée par son splendide travail. Bravo Christine ! — (Renaud Camus).

phoque

  • pédé comme un phoque 

L’expression n’a rien à voir avec la zoologie, mais plutôt avec la réputation des mœurs maritimes …des voisins d’en face.
Cela viendrait de la déformation de « Fuck ! » qui signifie « Foutre ! » en anglais, grossièreté qui ponctue une conversation ordinaire entre britanniques frustes.
Intrigués, les marsouins de la Royale ont entendu  foc, nom d’une petite voile située à l’avant du navire qui prend le vent par derrière en vent arrière, tout comme le fait la grand-voile, mais qui a une utilité toute particulière pour virer de bord. La négligence orthographique, la surinterprétation, la malveillance ou la plaisanterie délibérée et l’amitié entre les peuples ont fait le reste.
Le « phoque » en question prend donc le thé à cinq heures, comme la Reine, — le prend comme une reine.

Cf. Le syntagme queer as folk, et l’expression toute faite, amusante et euphonique as gay as a goose [peut-être à cause de la démarche] . De l’oie grasse au phoque huileux, il n’y a peut-être qu’un poil ou une plume.

J´aurais beau être pédé comme un phoque,
Moi, jamais j´pourrais être en cloque ! — (Renaud Séchan)

pied

prendre son pied   Prendre sa part du butin, d’une aubaine. Prendre sa part de plaisir.

◊ » Allô ! allô ! vous nous entendez ? vous nous comprenez ?
— Eh, bigre que oui ! je prends mon pied ! l’interview féroce ! j’en suis ! face aux fauves ! le colloque romain ! j’éructe ! — Céline, Rigodon, 1969.

placard
cacher un amant dans le placard à balais, (quand le mari survient à l’improviste) — scène fréquente dans le théâtre de Boulevard.
avoir un polichinelle dans le placard — être enceinte.
sortir du placard — révéler ses amours, ses mœurs, « qui on ose aimer » à l’entourage, au monde entier.
sortir qn du placard (de force) — révéler les amours spéciales de qn sans l’accord de l’intéressé, pour lui nuire, pour défendre la cause GBiTQ+, pour dénoncer le double langage des politiciens invertis discrets, cachés, ou hypocrites.

plafond de verre

Obstacle invisible qui empêche de grimper dans les sondages.
Limite imprévue aux ambitions tumultueuses, aussi solide et irréfragable, qu’invisible pour les
bulots soumis qui espèrent.

point Godwin

  1. Moment d’une conversation où les esprits sont assez échauffés pour que fuse une accusation de nazisme.
    • À un mois du scrutin, la campagne du Brexit atteint son point Godwin : Boris Johnson a évoqué Munich et  le Moustachu pour dissuader de toute alliance avec le Continent.
  2. Récompense comique qu’on décerne à une personne qui évoque le socialisme nazi pour discréditer l´interlocuteur, à propos de n´importe quel sujet.
    • Christine Albanel provoque l’indignation des députés en évoquant la Gestapo. La ministre gagne un point Godwin.

point Stalin  Flagornerie indécente naguère en usage en France et à Cuba. Principaux lauréats Évelyne P. Coucouche et Louis Aragon : Lubianka, Éloge de la Tortue,  Les yeux d´Eltsine.

torse nu - sourire - 2 gars.

Ma femme s´appelle Raoul.

pompier de Sodome     Fanfaron qui n’éteint pas le feu aux filles.

pot aux roses  Secret maladroitement gardé.
découvrir le pot aux roses  Trouver le fin mot de l´histoire, éventer le mystère d´une trop belle histoire fabriquée pour la presse ravie. Révéler l´info-clé qui rend au réel sa cohérence, en rassemblant les éléments épars et contradictoires du narratif officiel mal ficelé.

  • Au vu du 44, pieds nus à Biarritz, la complotiste avance que la Présidente cache des noix sous sa mini-jupe.

◊ — C’est sans doute par égard pour les cardinaux, les évêques et les abbés qui sont ici, demanda Sarrasine, qu’elle est habillée en homme ?
— Elle ! Qui elle ? répondit le vieux seigneur auquel s’adressait Sarrasine.
— La Zambinella.
— La Zambinella ? reprit le prince romain. Vous moquez-vous ? D’où venez-vous ? (…)
Le prince Chigi aurait pu parler, certes, longtemps, Sarrasine ne l’écoutait pas. Une affreuse vérité avait pénétré dans  son  âme.  Il  était  frappé  comme  d’un  coup  de  foudre.  Il  resta  immobile,  les  yeux  attachés  sur  le  prétendu chanteur. — Balzac, Sarrasine, 1831.

<> L´Homme au sable  (E.T.A. Hoffmann)
◊ Hoffmann [apparaissant pâle et épouvanté. Il se laisse tomber sur un fauteuil. Nicklausse cherche à le calmer. Éclat de rire général]
Un automate! un automate!
Chœur
Ah! ah! ah! la bombe éclate!
il aimait un automate!
Ah! la bombe éclate!
il aimait un automate! — Offenbach, Les Contes d´Hoffmann, 1881.

poudre aux yeux   Esbroufe. Fait d’aveugler les gogos avec de vaines déclarations. Un bateleur de foire éblouit le public, — qui se frotte les yeux devant les prodiges qu’on lui fait miroiter.

ravi de la crèche 

1- En Provence, santon de la crèche de Noël, représenté comme un bon berger émerveillé par le petit Jésus et la sainte famille.

2- En général, personne repue et satisfaite d’elle-même, tenace lectrice de Mad Moix et de Rusticon, qui croit tout ce qu’elle lit, et enchantée, le répète autour d’elle.

◊ Tel un ravi de la crèche, RINTINTIN, professeur et doxosophe à la Sorbonne a  écrit « Les critiques acerbes contre les sondages d’opinion sont des armes contre le suffrage universel ».

◊ Les ravis de la crèche sont déjà prêts à se faire pucer comme des bestiaux décérébrés, sous prétexte que les véreux leur disent que c’est pour leur sécurité.

3- Abducté. Visionnaire transporté par l’Esprit.

◊ Et il arriva qu’étant de retour dans sa maison à Jérusalem, il se jeta sur son lit, ravi par l’Esprit et les choses qu’il avait vues ; et, étant ainsi ravi par l’Esprit, il eut une vision, et il vit les cieux s’ouvrir, et il crut voir Dieu assis sur son trône, entouré d’un concours innombrable d’anges, qui paraissaient chanter et louer leur Dieu. — Mormon [J. Smith], Le Livre de Mormon, trad. John Taylor, 1852.

franchir le Rubicon

◊ Le grand César traversa le ru. Il voulait dire deux mots aux Sénateurs. Las ! Ils avaient fui… Et la guerre entra dans Rome.

science infuse

* (Théologie) Science qu’Adam avait reçue de Dieu.

avoir la science infuse, Se dit par manière de raillerie, pour critiquer les beaux parleurs, qui martèlent des vérités premières, sans jamais avancer d’arguments. Françoise Dolto avait la science infuse, dont Lacan lui avait filé la recette.

ne pas avoir la science infuse, Se dit pour Désavouer les beaux parleurs qui veulent faire croire qu’ils savent tout sur tout. Les frères Bogdanov ont la science infuse ; ils n’ont pas besoin de diplômes.
Je ne sais pas si Mironov sera réélu ; je n’ai pas pas la science infuse, et je ne travaille pas à l’Institut Pelouze.

Enterrer la synagogue avec honneur, Bien finir une chose, terminer en beauté.

Abbé Soury  (La Jouvence de l’ ~ )

Momie  cache-tapette, Cougar tartinée  d’une couche d’indulgence pour Bel-ami et les amis de Monsieur.

Tapette Cash-pépé, Jeune homme méritant, irréprochable qui revigore un senior.

sourire

Balcon Olé!

La Belle Crémière.

sourire de la crémière — Gratification agréable, un plus qu’on n’espérait pas, après avoir effrontément tant gagné, à la limite de l’honnêteté commerciale : avoir ‘le beurre et l’argent du beurre’, gagner sur tous les tableaux, avec la bénédiction des poires qu’on a grugées. C’est comme si l’audace dans les transactions délicates était bien récompensée.

>> Expression creuse, extension superlative (et abusive) à sourire (satisfaction) : ce qu’on gagne en plus, avantage collatéral.

◊ Un bon accord est celui qui satisfait toutes les parties. Encore meilleur est celui où chacun gagne le beurre et l’argent du beurre.  France Télécom et Deutsche Telekom < gagnent tous les deux, dans cette fusion >. Quant au sourire de la crémière, c’est celui qu’afficheront Vodafone et Telefonica, tant la disparition d’un acteur sur ce marché surencombré ne peut qu’améliorer la rentabilité de tous. — (pigiste)

 

Tataouine

Aller à Tataouine   Aller très loin, dans un coin perdu, en enfer, bronzer sous le soleil de Satan.
Envoyer quelqu’un (un importun, un indésirable..) à Tataouine   Envoyer aux pelotes.
Dans l’enfer de Tataouine  Dans le bagne du même nom, en Tunisie.

tire-au-cul

Fainéant, cossard, ramier, déserteur. Voir  Céline, Sartre, Tacite dans : Supplice des tire-au-cul.

tirer

tirer son épingle du jeu  Sortir d’une situation délicate, sans essuyer trop de dommages.

tirer (retirer) les marrons du feu  Risquer une initiative périlleuse au profit exclusif d’autrui. Travailler pour le Roi de Prusse.

Emploi à contresens :
◊ Je fus plus que désappointé. J’avais eu seul l’idée de cette excursion. J’avais eu toutes les difficultés que tu penses pour en faire agréer en haut lieu le principe. Et voilà qu’on m’adjoignait un inconnu, et qui plus était, un supérieur !
« Morhange (Jean-Marie-François) Breveté. Capitaine hors cadres (Service géographique de l’Armée). »
– Voilà l’explication, dit l’un. C’est un pistonné que l’on t’envoie pour tirer les marrons du feu, dans une chose où tu auras eu tout le mal. « Breveté » ! La belle affaire. Les théories d’Ardant du Picq ou rien, par ici, c’est du kif-kif. — Benoit, L’Atlantide, 1919.

se tirer la bourre

Rivaliser, Se livrer une âpre concurrence, se disputer la première place dans une compétition sportive. Faire la course entre concurrents pour obtenir la victoire (dans une élection), pour gagner en célébrité.

Se tirer la bourre entre copains.

  • Il y a plusieurs listes EG qui se tirent la bourre pour bénéficier de la meilleure exposition médiatique.
  • Les quartiers se tiraient la bourre à qui cramerait le plus de bagnoles, écoles, poubelles, médiathèques, abribus, etc. Du coup, les télés ont ralenti les reportages, pour éviter une compétition malsaine.

◊ Michel Desjoyeaux et Vincent Riou, le maître et l’élève s’apprêtent donc à se tirer la bourre sur l’eau pour la première fois dans le cadre du Vendée Globe. — (20 minutes)

* bourre au sens « touffe de poils » : cette image vient de la chasse à courre où les chiens se disputent une proie.

tisane 

1- Boisson fade, faiblement médicamenteuse qu’on fait ingurgiter à un malade.
2- Raclée, correction, décoction.
3- Moyen de faire passer la pilule, belles paroles (d’apaisement), remédiation.

◊ Cette fois, le Vélodrome se fâche. « Finies les promesses mensongères », s’est agacé le Virage Sud. Finie la tisane, quoi. Les supporteurs de l’OM sont en colère, contre <tout le monde>. — (Jean Saint-Marc)
◊ OM-Rennes (1-3): Marseille n’a pas digéré Monaco et vomit sa tisane… Naufrage au Vélodrome
BALONRON – Cette fois, on peut l’écrire sans problème : c’est la crise à Marseille… — (id.)

trapèze

passer au trapèze Passer un mauvais quart d’heure, affronter une grosse difficulté ; devoir s’expliquer, passer devant un tribunal. L’expression vient du trapèze des gymnastes, où il faut faire ses preuves.

Vieille France   adj.  La France de toujours, élégante, plaisante et raffinée.

Caractérise un mode de vie traditionnel, attaché au patrimoine et fait de modestie, de labeur et d’économie.

◊ ll n’y a pas un vrai lettré qui ne soit un peu vieille France, et la vieille France n’est pas, comme on sait, très en odeur de sainteté par le temps qui court. — (Albert Duruy)

◊ Cette restauration ôta tout son lustre, sa bonhomie, son air patriarcal à la vieille maison. — Balzac, La vieille fille, 1836.

◊ Fidèles aux vieilles mœurs de la ville où du Croisier introduisait le luxe moderne, monsieur et madame du Ronceret n’avaient fait aucun changement, depuis leur mariage, à l’antique maison où ils demeuraient, et qui appartenait à madame. — Balzac, Le Cabinet des antiques,

◊ Pour donner une idée de la vie intérieure de ce ménage, il suffira de dire que le père et le fils ne mangeaient jamais que des fruits gâtés, par suite de l’habitude qu’avait mademoiselle Cadot de toujours donner au dessert les plus avancés ; que l’on ignorait la jouissance du pain frais et qu’on y observait les jeûnes ordonnés par l’Église. — Balzac, Le Cabinet des antiques, 1838.

Les « vieille France » sont attachés aux traditions, à l’amour du terroir, à la langue, à la culture française. Ils arborent un maintien correct et apprécient l’élégance.

◊ La vieille, la très vieille France. Qui crève de peur. Qui rêve d’autorité, de rétablissement de la peine de mort, qui n’a que le mot sécurité à la bouche. (…) Qui trouve qu’on leur cache la vérité. Qu’on ne leur dit pas tout. Que les journalistes, — ces vendus, logés dans des palaces parisiens, passent leur temps à mentir, complices des politiques pharisiens qui ne comprennent rien à la réalité du pays.

La France des beaufs, des Dupont-la joie, des Sébastien ; la France vulgaire et grossière, la France qui rouspète comme on pète, la France vulgaire, la France sous un jour blafard. — (Laurent Sagalovitsch)

/!\ Surtout ne pas confondre avec « la vieille rance » : (gérontophilie) (moisi)

velours

◊ « C’est le petit Jésus en culottes de velours »  pourrait se traduire par « Ce vin rouge est doux, fruité, goûteux, gouleyant, un peu tannique, certes mais pas trop long“. — À consommer avec plaisir, bien sûr.

► C’est probablement ce que devait penser Vergier du bordeaux (le vin de Grave) qu’il buvait à Dunkerque pour oublier les soucis de sa charge.  ↑► Le gros Guillaume

voyou de velours  Rebelle, doux comme la soie et raide comme le buis. > (Bugutte)

Vierge

◊ Éliane Deschamps, la gouroute de Petit-Noir voit la Sainte Vierge tous les 15 du mois à 00h06.

avoir vu la Vierge   Croire rêver, ne pas y croire ; n’en espérer pas tant.
◊ Avec la suppression de 10.000 emplois chez Carrefour, les investisseurs ont vu la Vierge.

<> La Vierge et l’écolier

◊ Un écolier voulait à tout prix voir la Vierge. Un ange l’avertit qu’il y perdrait un œil. Il accepta et devint borgne. Puis il réclama de la voir encore, au risque de perdre l’autre, ce qui eut lieu. Mais, lorsqu’il fut complètement aveugle, la Vierge guérit ses deux yeux, et lui dit : « Garde-toi pur de toute faute ; jusqu’à ce jour tu t’es voué à mon service très fidèlement, tu feras encore mieux à l’avenir ; fais de sorte que les yeux qui m’ont contemplé ne se tournent pas vers les femmes ». — Saint Vincent Ferrier (Valencia 1350 – Vannes 1419), Les Fioretti.

vipère lubrique

Traître infâme. Expression démodée datant de l’ère stalinienne. Lubrique signifie ‘glissant’ (Voir lubrifiant) , qui, passant sans effort d’un parti à un autre, enfonce bien ses électeurs.
> Politicien sans conviction, Cosmopoli qui passe opportunément de l’opposition indignée, à un maroquin doté de beaux avantages.
L’origine de la formule mystérieuse est sans doute à chercher dans le folklore russe. Une grosse vipère rusée de la politique. Une prudence mielleuse de vipère lubrique.

vivre-ensemble  Utopie inventée à Neuilly avant les invasions.

Voilà !
Tic de langage. Mot creux, interjection qui ponctue systématiquement et jusqu’à la nausée les propos d’une vedette interrogée dans les médias.
Équivalent de « J’te jure ! » ou « Je n’ai (plus) rien à dire. »
* Parfois transcrit  wala ou wallah. Origine peu claire.

Notes

↑1 – Le double effet « Kiss cool »  (Hollywood).
↑2  « à la Duc d´Aumale » :
◊ Messire Tonio est allongé languissamment sur le dos, et il se laisse chevaucher par mam’selle Molly, laquelle lui présente sa contrebasse et ses omoplates. Et hue dada, — le coche et la mouche. — Frédéric Dard, San-Antonio, n° 91 : Fais-moi des choses, 1982.
Henri d´Orléans, Duc d´Aumale (1822 – 1897), héritier des Condés et propriétaire du Château de Chantilly. Amateur de courses de chevaux, et
libertin sur le tard ; à son retour d´Angleterre, il popularisa l´usage du trot enlevé en France.
Le trot enlevé est une technique équestre de style anglais. Pour le cavalier, cette technique consiste à se soulever de sa selle en rythme avec son cheval.
↑3- Voir Pierre Grimal, Les jardins romains à la fin de la République et aux deux premiers siècles de l’Empire. Essai sur le naturalisme romain (Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome, fasc. 155), 1943.
↑4- Jardin secret et Hortus conclusus  (très belles photos) (
voir la page de ce blog)

Références

↑► Alain Apollinaire Aragon Balzac Benoit Bernanos Bible Bloy Céline Dard Darien Descaves Giono Goethe Horace La Fontaine Lamartine Malraux Molière Novalis Pagnol Platon Renaud_Camus Sade

¢ bel_esprit  état_profond obscur_objet

Locutions françaises et expressions imagées expliquées 

<> 04/11/2026

Wikipédia, un filet dont les trous capturent l’infini.

Locutions françaises et expressions imagées expliquées

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